J’ai vu des œuvres abandonnées dans des maisons vidées de leur contenu ;
j’ai vu des œuvres laissées pour compte par les héritiers dans des greniers humides et des garages pollués par les gaz d’échappement ;
j’ai trouvé des peintures oubliées sur le dessus des armoires ;
j’ai vu des œuvres déposées en bloc dans des magasins d’objets et de meubles d’occasion, le « donateur », le fils de l’artiste, me disant : « Que voulez-vous que je fasse avec ça ! » ;
j’ai vu des œuvres « décorer » les murs d’un w.c. ;
j’ai vu des dessins servir de cibles aux fléchettes d’un enfant ;
j’ai vu des archives d’artistes liégeois déposées sur la brocante ;
j’ai appris qu’un dépôt d’œuvres avait été squatté ;
j’ai appris que des lettres, des catalogues, des notes, des écrits, tout ce qui permet de retracer, de vivre le parcours d’un artiste, avaient été jetés à la poubelle.
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Guy Vandeloise